31 août 2014

Un dernier bivouac****

  Dimanche 31/08 : Jour 22

Ce matin on se réveille avec un magnifique levé de soleil sur la mer et on fait le constat agréable que les nuits commencent à se réchauffer progressivement.
Lors du chargement du kayak un bateau au loin attire notre attention. C'est encore celui de la réserve naturelle! Il s’arrête à notre hauteur et nous observe aux jumelles durant de longues minutes. On finit de ranger nos affaires sans savoir à quelle sauce nous allons être mangés puis on le voit s'éloigner alors que nous mettons le kayak à l'eau. On ne saura jamais ce que ce bateau voulait et si c'est Lapinou qui lui a fait peur mais ce qui est sûr c'est qu'il nous aura donné une sacrée dose d'adrénaline.


On repart donc en direction de Macinaggio, on dépasse la fameuse plage de la veille et on poursuit notre route, avec la ferme intention de passer la réserve d'une traite.
Le payasage est spectaculaire avec ses hautes falaises de roche noire, ses tours génoises et cette absence totale de civilisation. Fini les bateaux de touristes et les jet-skis, place à la nature!
On a d'autant plus de chance puisque que la mer est calme et qu'il y a peu de vent (Le Cap Corse n'est pourtant pas réputé pour sa tranquillité).


La réserve se finit à Centuri, un petit port de pêcheurs situé au fond d'une baie. Tom rappelle qu'on a toujours pas vu de dauphins et que le voyage touche bientôt à sa fin. Val rajoute qu'on est à l'entrée du mois de Septembre, période à laquelle ils sont davantage présents.
Il n'aura fallu que de quelques minutes pour que 2 ailerons sortent de l'eau et replongent aussitôt. A la vue de leur taille, on conclue qu'il s'agit d'une mère et de son petit. Ils feront quelques rares apparitions, toujours assez loin du kayak puis disparaitront.


Après ce beau spectacle, on s'installe sur la plage de Mute qui rappellera des souvenirs à Tom déjà venu y passer un niveau de plongée dans son enfance. Avant de repartir, on profite un peu du soleil et des jolis fonds marins.

L'après midi s’annonçait tranquille avec peu de kilomètres à faire mais emportés par notre élan, on "oublie" de nous arrêter à la bonne crique. On ne s'en rend compte que quelques kilomètres plus loin et on s'arrêtera alors au port de Giottani.


Après avoir rencontrés quelques difficultés pour hisser le kayak sur la plage, on trouve un point d'eau douce et des ruines de (très) vieilles maisons en pierres : le grand luxe pour y établir notre dernier bivouac. Cet abris sera d'autant plus le bienvenu puisque la météo annonce beaucoup de vent pour la nuit et même peut-être un peu de pluie.


Bilan de la journée : 
35 km, 6h de pagaie, un petit coup de stress au réveil, 2 dauphins et un chouette endroit pour passer la nuit.

30 août 2014

Il s'en est fallu de peu...

Samedi 30/08 : Jour 21

On part assez vite de notre bivouac de secours pour une journée tranquille. L'intérêt d'avoir autant pagayer la veille est de pouvoir profiter de cette journée. On loge une côte plus sauvage et abrupte, on y retrouve des falaises et très peu de plages ce qui nous rappelle la côte Ouest. On fait plusieurs pauses pour prendre des photos et admirer le paysage. On passe le port de Macinaggio pour recharger l'eau et on va s’amarrer dans une magnifique baie 1 km plus loin. L'endroit est splendide avec de très beaux fonds mélangeant roches et étendus de sables blancs. Il n'y a pas trop de monde...bref on s'y sent bien. On jette quelques coups d’œil sur l’itinéraire et on décide de s'arrête là pour aujourd'hui. Après un bon repas de midi, chacun vaque à ses occupations : pendant que Val donne des coups de fil, Tom explore les fonds marins puis se fait une sieste. Programme de l'après-midi : quelques photos, un bon gouter, une petite plongée à 2 pour finir sur une bonne sieste.


Bien installé dans notre super bivouac, on va voir une paillote un peu loin sur la plage. Val y apprend que malgré le fait que la réserve commence plus loin, on est dans la zone d'un garde qui n'hésite apparemment pas à sanctionner les bivouacs dans toutes la baie.


On retourne à notre campement pour plier bagage. Une fois sur l'eau, vers 20h, on est abordé par ce fameux garde. Il nous explique l'interdiction de bivouaquer en Corse et va même jusqu'à nous menacer de nous mettre une amende et de saisir notre matériel. Il nous laisse quand même une chance d'expliquer notre démarche : s'arrêter juste avant la réserve naturelle du Cap Corse pour la passer d'un coup le lendemain. Après avoir pris nos noms, adresses et numéros de téléphone pour donner notre signalement, il nous demande de partir vers le sud pour sortir de son secteur et de passer le Cap Corse en entier le lendemain. On s’exécute et on s'installe un peu plus au sud de Macinaggio sur une plage de cailloux et d'algues à fleur de falaises. On ne dort que d'un œil avant la pression d'être cueillis par les gendarmes pendant la nuit ou au réveil.


Bilan de la journée : 22 km en 3h30, bivouac avec vue sur l'Italie, vieux souvenirs de colonie de vacances pour Tom, dernier jour sur la cote Est.

29 août 2014

Le jour le plus long...

Vendredi 29/08 - Jour 20 :

La nuit fut particulièrement courte et animée entre : le tracteur qui nettoie les plages en nous évitant de justesse, les 2 boites de nuit aux alentours (le mélange années 80/électro est pas mal en fait), et tout un groupe de touristes allemands, ivres, qui décide de prendre un bain de minuit à quelques mètres de notre campement.

On arrive quand même à partir vers 9h et en avant pour 20 km de ligne droite ! On s'arrête a la base nautique de l'étang de Biguglia et on discute autour d'un café avec l'un des responsables. Il nous déconseille les plages de Bastia qui sont très fréquentées le soir. Celles qu'il nous conseille sont tout de même à près de 20 km de là où nous sommes. On s'arme donc de courage et on repart avec l'espoir secret que le vent nous aide un peu. Quelques mètres plus loin, on se résout à retirer les voiles et à ne compter que sur nos bras d'acier. Il nous faut près de 3h pour couper la baie de Bastia et atteindre la fameuse plage conseillée. Malheureusement, il n'y a pas assez de place pour s'installer et mettre le kayak à l’abri. On décide de continuer et de se rabattre sur la moindre petite crique aux alentours puisque la nuit ne va tarder à tomber...


On met plus d'une heure à en trouver une qui fera l'affaire ! On devra quand même sacrifier un peu de confort puisque Tom doit dormir sur des galets et Val plante la tente au bord d'une route sous un lampadaire.


Bilan de la journée : 47 km (!!!), 8h de pagaie, des crampes plein les bras pour Lapinou et une tentative désespérée de s’incruster dans un campement de jeunes ados allemands.

28 août 2014

Quand l'appétit va tout va !

 Jeudi 28/08 - Jour 19 :

Notre horloge est bien calée, on se lève à l'heure habituelle. On mange nos dernières gaufres, il faudra qu'on s'arrête faire des courses aujourd'hui. Presque 20 km de plages interminables plus tard, on s'installe pour manger au soleil. On profite du réseau pour mettre le blog à jour.




Après avoir vidé les batteries de téléphone et 1/2 kg de coquillettes, on part en mission pour faire les courses et trouver de l'eau. On s'arrête dans un port désert quelques km plus loin pour le ravitaillement. Malheureusement la supérette est fermée et l'accès à l'eau impossible. Frustré et armé d'un tee-shirt Assom, Tom part demander des renseignements aux serveuses d'un des bars vides du port. L'une d'entre elles reconnait le sigle Assom : elle est Marseillaise en 1ère année d'Ostéo et certainement future Assomienne. Bref, pour le ravitaillement il faut aller à la ville voisine à 3 km de là. En sortant du port, on croise un couple sur un voilier à quai qui nous "permettent" de remplir nos poche à eau.


En arrivant à Moriani, on aperçoit un Casino qui nous permet de faire de grosses courses et de pouvoir se faire plaisir pour le goûter et le repas du soir. Repas qu'on prend sur la plage et qui nous remonte le moral au max. C'est fou comme dans ces aventures de tels petits plaisirs prennent des proportions considérables. On se couche tôt le ventre bien rempli pour une nuit à la belle étoile.

Bilan de la journée: 35 km pour 6h de pagaie en 4 fois, des coupures de partout, on est vraiment des ogres, Bastia prépare-toi, on arrive!

27 août 2014

Des plages et encore des plages…

Mercredi 27/08 – Jour 18 :

Le réveil sonne à 7h et il nous faudra beaucoup de courage pour nous préparer à cette longue journée qui s’annonce rude. Toute la journée, on longe de longues plages de sable blanc, désertes pour la plupart. Au bout de 3h, on s’arrête à l’étang d’Urbino et on en profite pour prendre un petit bain de soleil. 
Un vent de face se lève alors, histoire que la tâche ne soit pas trop facile. Quelques jolies vagues nous font même un peu peur et on y laissera une bouteille d’eau et un pot de fruits secs L

On installe finalement notre bivouac à l’entrée de l’étang de Diane, aux pieds d’une tour Gênoise.



Bilan de la journée : 32km, 5h de pagaie, rencontre fortuite de quelques nudistes, premières grosses vagues pour Lapinou. Ce soir, on partage la plage avec des pêcheurs.

26 août 2014

Nouveau record !

Mardi 26/08 – Jour 17 :

Réveil avec un joli levé de soleil sur la baie de San Cipriano. On s’active et on décolle assez vite direction le port de la baie pour y remplir l’eau et jeter les poubelles. Malheureusement il n’y a pas d’eau disponible…
On sort de la baie et on met le cap sur le Nord pour franchir les dernières criques et golfs avant d’attaquer la loooongue plage de la côte Est.
Pause repas entre eau douce (Le Trava) et eau salée sur une plage avec une eau très claire mais des fonds assez monotones. Difficile de repartir après les 18 km du matin… Pour y arriver il faudra une sieste pour Val et une glace pour Tom et nous revoilà sur l’eau !


Direction le port de Solenzara où l’on est sûrs de trouver de l’eau pour remplir nos 2 poches de 10L et notre douche solaire de 20L. On ne s’y repose pas trop longtemps puisqu’il nous reste pas mal de chemin avant notre bivouac situé juste avant un aéroport militaire, à l’embouchure d’une petite rivière. Une fois arrivés, bien fatigués, il nous faut tirer le kayak pour passer une dune et garer la bête bien à l’abri dans l’étang. Le bivouac est loin d’être aussi joli que les précédents mais on profite de l’eau douce, denrée rare en bord de mer, pour rincer tout le matériel.


Ces journées à parcourir un grand nombre de km sont dures car elles nous laissent moins de temps pour profiter. Quand on ajoute à cela la fatigue et le cadre, moins joli, qui donne le ton pour la côte Est… on en vient à regretter la côte Ouest. Cependant on avance bien, et ca, c’est très appréciable !


Bilan de la journée : 36km en 3 fois (18+7+7) en 6h, la côte Est s’annonce rude. Les falaises et les rochers laissent place à de longues plages interminables…

25 août 2014

On remonte vers le Nord.

Lundi 25/08 – Jour 16 :

On renouvelle la technique qui consiste à partir avant 8h pour échapper au vent. On traverse ainsi le golf de Santa Manza (réputé pour être un gouffre à vent) sans aucun souci. On s’arrête manger 20km plus loin sur la magnifique plage de Palombaggia, avec son eau transparente, son sable blanc et fin, ses touristes à la pelle et ses fond regorgeant d’une multitude de poissons de toutes tailles et de toutes les couleurs. 



On repart quelques heures plus tard en direction de Porto Vechio. Dès l’entrée du golf, on fait face à un fort vent d’ouest et on trouve refuge sur une petite plage très exposée. On ne pourra décemment pas établir de bivouac ici. On reprend donc la route pour s’arrêter quelques km plus loin dans la jolie baie de San Cipriano. Son exposition est idéale pour cette nuit et le panorama est plus que satisfaisant.


Bilan de la journée : 30km, 5h de pagaie, quelques encouragements forts sympathiques, des prévisions météo pour la semaine très favorables. Lapinou a le mal de mer, c’est pas gagné…